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Travail le dimanche : les étudiants otages de la réglementation et des syndicats

Tribune ouverte à Frédéric PELOUZE Président d'OPENCONSO

Les actions en justice des syndicats pour interdire aux salariés de travailler le dimanche menacent les emplois de plusieurs milliers d’étudiants. Il est évidemment dramatique de constater que les syndicats se mobilisent contre l’emploi. Mais plus grave, pour ces étudiants menacés de perdre leurs emplois, c’est la poursuite même de leurs études souvent financées par ces petits jobs du dimanche qui est en jeu.

Le syndicat Force ouvrière (FO) a obtenu en justice de Bricorama qu’il ferme désormais le dimanche ses points de vente en région parisienne. En dépit de la lourde astreinte de 30 000 euros par magasin et par dimanche travaillé, Bricorama avait fait le choix de conserver ses magasins ouverts. FO réclamait 37 millions d’euros à Bricorama comme prix de cet entêtement, soit plus de deux fois son bénéfice annuel. Si l’enseigne de bricolage a finalement échappé à la sanction pour vice de preuve, les fermetures continuent de menacer dans de nombreux points de vente de bricolage en Ile-de-France.

Comment en est-on arrivé là ?

Les consommateurs, les salariés et les étudiants n’y comprennent plus rien. Et pour cause, les règles en vigueur sont complexes, illisibles, extraordinairement inéquitables et souvent contreproductives.

L’interdiction de principe de travail le dimanche est assortie de pas moins de 180 dérogations de toutes sortes en France. Attribuées dans de nombreux cas par le préfet ou le maire, ces dérogations comportent une dose considérable d’arbitraire. Chacun connaît le fameux exemple des « zones touristiques » : un magasin situé immédiatement à côté de la zone sera interdit d’ouverture le dimanche alors même que le magasin d’à côté, situé lui en zone touristique, sera ouvert ! C’est ainsi que les magasins du Carrousel du Louvre peuvent ouvrir, mais pas les Galeries Lafayette et le Printemps, dont pourtant 50% des clients sont des touristes !



Depuis la loi Mallié de 2009, de nouvelles zones ont certes été créées, mais ces périmètres d’usage de consommation exceptionnelle (« PUCE ») posent exactement le même problème.

Mais même pour les heureux bénéficiaires de ces dérogations la situation est problématique : outre le fait que l’attribution de ces dérogations est souvent tardive, elles doivent être renouvelées périodiquement, ce qui crée un climat d’insécurité juridique difficilement conciliable avec le monde du commerce qui réclame prévisibilité et stabilité. Résultat, ce cadre règlementaire freine les investissements, les embauches et donc les opportunités pour tous les consommateurs de pouvoir se procurer des biens et services, partout, tout le temps.

Le cas des magasins de bricolage constitue le paroxysme de l’absurdité du système.

Qui peut comprendre que les enseignes des magasins de bricolage soient traitées différemment des jardineries et des magasins d’ameublement ?
Comment expliquer une telle différence de traitement alors même que les magasins de bricolage réalisent entre 40 et 50% de leur chiffre d’affaires en vendant les mêmes types de produit que les jardineries et les magasins d’ameublement ? Rien ne justifie une telle rupture d’égalité qui crée un préjudice au consommateur, au-delà de l’atteinte à la liberté du commerce et à la liberté du travail.



Cet épisode bien triste témoigne du fossé indéniable qui existe désormais entre les syndicats et les salariés: d’un côté FO s’acharne à faire fermer les magasins de bricolage le dimanche (empochant au passage de très substantielles amendes versées par les enseignes condamnées) et de l’autre le collectif de salariés des magasins Castorama et Leroy Merlin réclame de pouvoir librement travailler à travers une vidéo postée le 29 janvier sur Daily motion au slogan « Yes Week-end » : laissez-nous travailler le dimanche !

Si leur revendication est présentée de manière plaisante, elle est en réalité très sérieuse. Pour eux, la fermeture du dimanche, jour payé double, représenterait une amputation de 30% de leur rémunération, voire pour ceux d’entre eux qui sont étudiants les empêcheraient tout simplement de financer leurs études.

Chez Castorama par exemple, qui emploie 323 collaborateurs qui ne travaillent que le week end, 64% sont étudiants. Certains pourraient perdre jusqu’à 7.000 euros par an. Une somme non négligeable pour ces étudiants qui ne peuvent travailler en semaine .

Si les magasins de bricolage ferment le dimanche, ce sont 1200 emplois qui seront supprimés. Or, un référendum organisé chez Bricorama a montré que les personnels étaient favorables à 93% à l’ouverture dominicale (étant entendu encore une fois que le fait de travailler ce jour-là est volontaire).

L’appel des salariés et des étudiants relaye celui, silencieux mais bien réel, des consommateurs franciliens. Dans des grandes agglomérations telles que celle de l’Ile-de-France, les temps de déplacement quotidiens ne permettent pas de faire les courses en semaine. Le week-end, en particulier le dimanche, est donc plébiscité par les familles comme temps où chacun peut se livrer à des loisirs, parmi lesquels l’amélioration de son habitat tient une place essentielle.

Au nom de quelle rhétorique malthusienne la France continue-t-elle d’empêcher les salariés qui le souhaitent (car le travail du dimanche est volontaire de par la loi) de travailler le dimanche, surtout quand cette source de revenu finance les études de la jeunesse ?

Tribune proposée par Frédéric PELOUZE Président d'OPENCONSO


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17.04.2013

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