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Trois questions à Bernard Ramanantsoa, directeur général d’HEC

La crise touche-t-elle les diplômés des établissements prestigieux ? Apparemment non.

La crise touche-t-elle les diplômés des établissements prestigieux ? Apparemment non. Selon la dernière enquête d’insertion de la conférence des grandes écoles 2012, les chiffres demeurent très satisfaisants. Bernard Ramanantsoa, directeur général d’HEC explique ce phénomène.

Il semble que les élites ne souffrent pas de la crise qui touche pourtant de nombreux diplômés. Pourquoi selon vous ?
Pour deux raisons. D’une part, les élites continuent d’être recrutées par les entreprises qui investissent pour l’avenir. C’est le reflet de la guerre des talents. D’autre part, nos élèves ont su s’adapter pour « coller » aux nouvelles opportunités du marché de l’emploi. Nos diplômés sont particulièrement agiles pour aller là où il y a de l’emploi, tant sur le plan géographique que fonctionnel. Du côté des grandes écoles, les équipes se posent en permanence une question essentielle : « Que devons-nous faire pour former les meilleurs diplômés ? ». On passe un temps fou à redéfinir les programmes et les parcours de nos étudiants. C’est d’ailleurs une contrainte partagée avec les meilleures universités mondiales, que ce soit Harvard aux USA ou Tsinghua à Pékin.

Les entreprises ont encore des capacités de recrutement en matière de jeunes diplômés ?
Une entreprise qui veut rester compétitive ne peut pas s’arrêter. Elle doit impérativement recruter les jeunes qui correspondent à des investissements d’avenir. Cesser ces investissements peut se révéler extrêmement préjudiciable. Si les groupes multinationaux peuvent limiter les emplois liés au fonctionnement quotidien, ils ne peuvent absolument pas arrêter les embauches liées à l’apport de valeur.

Peut-on affirmer que les formations de haut niveau protègent à coup sûr les jeunes ?
Oui et non. La vérité c’est qu’on est plus protégé avec des diplômes de haut niveau. D’ailleurs, il est clair qu’on s’en sort mieux avec un bac+5 qu’avec un bac+3. Cela étant, il est vrai que pour nous aussi la compétition s’accroit. La concurrence des talents est désormais mondiale et les recruteurs sont aussi beaucoup plus exigeants. Il faut que nos jeunes aient une sensibilité internationale, qu’ils fassent preuve d’une grande mobilité, soient très opérationnels, mais aussi qu’ils disposent de grandes capacités de réflexion et de conceptualisation. Aujourd’hui, on a l’impression de former le mouton à cinq pattes ! Ce qui exige une scolarité plus dense et plus variée entre les années césures, les stages, les expériences de vie, les cours théoriques, la pratique, les projets, etc. Bref, nos jeunes s’en sortent bien, mais les trois ou quatre ans du cursus sont aussi devenus beaucoup plus difficiles.


Gilbert Azoulay


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Le Parisien
09.07.2012

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