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"Il y a une infinité de rêves à l'université. Des rêves qui se transforment en réalité..."

Interview de Jean-Loup Salzmann, président de la CPU (Conférence des Présidents d'Université)

Fraîchement élu à la tête de la prestigieuse conférence des présidents d’universités, Jean-Loup Salzmann, qui dirige Paris 13, la fac du 9-3, défend avec force le modèle universitaire dans l’enseignement supérieur made in France. Selon lui, les facs n’ont rien à envier au modèle grande école… au contraire.

Les universités font-elles encore rêver ?


Les universités n’ont jamais cessé de faire rêver. Il suffit de se plonger dans les intitulés des cours de masters pour se dire qu’il y a une infinité de rêves à l’université. Des rêves qui se transforment en réalité, à savoir des emplois. Le temps des amphis surchargés et des graffitis sur les murs, c’est terminé ! Les universités ont subi une cure de jouvence aussi bien sur le plan des équipements que des concepts pédagogiques. Bref, la fac des années 70 c’est bien fini, que ce soit à Nanterre ou à Jussieu ! Quant à l’idée reçue de l’échec à la fac, les enquêtes démontrent le contraire : l’insertion professionnelle des diplômés est très bonne. Sans parler des inscriptions à l’Université qui ne cessent d’augmenter.

En termes d’encadrement et d’accompagnement il y a encore des progrès à faire tout de même ?


Je reconnais volontiers qu’en termes de taux d’encadrement, l’université n’a pas les moyens des grandes écoles. Les étudiants doivent donc véritablement se prendre en main. Pour améliorer les choses, l’État doit encore investir. C’est la condition pour mener 50% d’une classe d’âge à Bac+3. Il est impératif que toutes les filières disposent du même taux d’encadrement que nos IUT, qui sont bel et bien des filières universitaires, je le rappelle.
Enfin, l’université peut donner l’impression que les étudiants sont livrés à eux-mêmes. Mais c’est une véritable école de vie… quoi de plus naturel pour un adulte. La faculté à s’organiser et celle à se prendre en charge sont des qualités recherchées par les employeurs.

On reproche aux grandes écoles leur manque de diversité.
Est-ce différent à l’université ?


En master, les catégories socioprofessionnelles des parents sont beaucoup plus larges que dans les grandes écoles. Idem pour ce qui concerne les étudiants dont les parents n’ont pas le bac : ils sont nettement plus nombreux à la fac. L’université demeure encore et toujours le lieu de l’ascension sociale et probablement un des rares endroits où il n’y a pas une reproduction mécanique des élites. Aujourd’hui, les enfants d’immigrés, on les retrouve principalement à l’université et pas dans les filières sélectives.
Cette diversité plaît d’ailleurs aux entreprises qui souhaitent casser le recrutement de cadres clonés et pour reprendre la phrase de Franck Riboud : « Nous avons besoin de vendeurs qui ressemblent à nos clients ».

Les universités françaises sont-elles plus attractives aujourd’hui qu’il y a dix ans, notamment sur le plan international ?


Bien entendu. Il y a d’abord plus d’étudiants qu’il y a dix ans. Nos filières professionnelles ont atteint un excellent niveau. A tel point que certaines professions ne recrutent qu’à l’université, qui a la capacité de produire des compétences très pointues et une forte capacité d’adaptation à un environnement toujours en mouvement. En ce qui concerne les étudiants étrangers, ils sont plus nombreux à mesure que l’on avance dans les études. Un étudiant doctorant sur deux est étranger : preuve que nos établissements sont très attractifs ! Mieux, ces étudiants, de très bon niveau, restent sur notre territoire. D’où notre guerre totale contre la stupide circulaire Guéant (qui empêchait les étudiants étrangers de demeurer sur le territoire une fois diplômés, ndr). Pour l’anecdote, je rappelle que la première à avoir protesté contre cette initiative a été Laurence Parisot, la présidente du MEDEF.

Deux sujets tabous : la sélection et les frais de scolarité.
Faut-il évoluer sur ces sujets ?


Quand les pouvoirs publics souhaitent augmenter le nombre de jeunes qui s’engagent dans l’enseignement supérieur, il est normal d’accueillir ceux-ci sans sélection. Il est en revanche fondamental de mieux orienter les étudiants selon le bac obtenu. Par exemple, il est nécessaire qu’un bac pro puisse trouver une place de droit dans un BTS plutôt que de s’inscrire dans une filière généraliste où il a toutes les chances d’échouer. Concernant les frais de scolarité, le modèle social français est financé par l’impôt. Demander aux familles de payer des sommes importantes pour les droits d’inscription ne serait pas socialement acceptable. Personne n’accepterait aujourd’hui de payer l’hôpital sans être remboursé !

Propos recueillis par Gilbert Azoulay


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Gilbert
16.01.2013

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