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Universités et grandes écoles. Le retour timide en présentiel pour tous

Depuis le 8 février, tous les étudiants peuvent revenir en cours au moins 1 jour sur 5. Un retour très complexe à organiser et encore très symbolique.

Grenoble - Rentrée du 8 février dans l'amphi Hyflex de l'école de management GEM / Grenoble Ecole de Management

C’est le président de la République qui l’a annoncé lui-même, le 21 janvier, lors d’une allocution à la télévision : “Un étudiant ou une étudiante a le droit d’avoir 20 % de son temps en présentiel, c’est à dire un jour sur cinq”.
Deux semaines plus tôt, la ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal expliquait pourtant le maintien du distanciel par le fait que les étudiants risquaient de se contaminer, non pas en cours, mais en s’échangeant “des bonbons”...

Que s’est-il passé pour que les universités passent d’une ouverture au compte-goutte, uniquement pour les L1 et les publics dits “fragiles”, à un retour en présentiel un jour sur cinq pour tous les étudiants ?

C’est sans doute la médiatisation de plus en plus importante de la détresse de beaucoup de jeunes, et notamment des étudiants, qui a fait pencher la balance vers une ouverture plus large des universités. Depuis 3 mois en effet les témoignages se multiplient d’étudiants coupés de leurs pairs, et abrutis par des journées passées devant Zoom ou tout autre outil permettant les cours à distance. Comme leurs aînés, beaucoup d’étudiants souffrent psychologiquement des conséquences sans fin de la pandémie de Covid-19

Une reprise “progressive et limitée”


Au lendemain de l’annonce d’Emmanuel Macron, une circulaire était donc publiée, précisant les conditions de reprise des cours “en présentiel”, “de manière progressive et limitée", avec “une jauge à 20%”, et une date de mise en œuvre : le 8 février. Reste que sur le terrain, une semaine après la date fixée, la marche est grande entre les ambitions présidentielles et la réalité. “L’organisation est très complexe, résume Virginie Dupont, vice-présidente de la Conférence des présidents d’université, et présidente de l’université Bretagne Sud.
D’abord parce que tous les étudiants ne peuvent pas revenir à l’université, et ils n’ont d’ailleurs aucune obligation de le faire. Certains ont rendu leur logement, sont rentrés chez leurs parents, ou préfèrent rester chez eux pour des raisons de santé. Pour ces étudiants-là, il est donc important de maintenir la possibilité de suivre les cours à distance”.
Autre difficulté rencontrée par les universités pour réouvrir un peu plus leurs salles de cours et leurs amphis : avec les cours proposés aux L1 depuis un mois, et les quelques TP en présentiel mis en place pour les autres niveaux, avant même l’annonce du président beaucoup d’universités atteignent déjà la jauge de 20% d’étudiants présents sur site en même temps.

Toutes les bibliothèques de Sorbonne Université (à l'exception de la bibliothèque Axial-Caroli) ont rouvert sans réservation.



Un retour sur la base du volontariat


Du côté des établissements d’enseignement supérieur hors université, la situation est sensiblement la même, on bricole distanciel et présentiel en espérant repêcher les étudiants les plus fragiles, psychologiquement et/ou scolairement, ou les moins autonomes : à Neoma (Grande école de Commerce et Management), par exemple, qui dispose de campus à Rouen et Reims, tous les étudiants, quels quels que soient leur programme et l’année d’études, ont depuis le 1er février la possibilité de reprendre les cours en présentiel une semaine sur deux.
A GEM (Grenoble Ecole de Management) les cours en présentiel ont repris le 8, sur la base du volontariat, comme partout.
A la faculté de Lyon 3, les étudiants de master ont pu revenir dès le 8, les étudiants de licence le pourront à partir du 22 février.
A Paris 3 c’est le système de présentiel alterné, installé dès la rentrée de septembre, qui a repris.
A l’université Bretagne Sud, Virginie Dupont souligne que puisque les étudiants de masters et de licences professionnelles vont bientôt partir en stage, “il nous a semblé plus efficace de les faire revenir en premier, avant les autres niveaux, puisqu’ensuite ils partiront en entreprise”. De même, toutes les universités ne proposent pas à tous leurs étudiants de revenir un jour par semaine, mais plutôt de grouper ces journées (2 jours toutes les deux semaines, par exemple).

Des étudiants ravis, ou absents


Reste une question : les étudiants, privés de cours en présentiel depuis octobre, seront-ils au rendez-vous ? A l’université Bretagne Sud, entre le 8 février et le 19 février, la présidente table sur le retour de la moitié de ses 10 000 étudiants. Seulement. Nous sommes donc loin d’une véritable reprise des cours pour tous, même seulement 1 jour sur 5.

Mais les étudiants qui ont repris, même ponctuellement, semblent très heureux de ce retour au réel, si court soit-il, comme en témoigne Lou, en L2 d’informatique à Sorbonne université : “Depuis un an, j’ai eu à peine 4 semaines de cours à la fac, calcule l’étudiante. La semaine dernière j’ai donc assisté à mon premier cours à la fac depuis octobre, et c’était super de voir le prof en vrai, et de revoir les autres étudiants avec qui j’échange uniquement par Discord ou par vocal ! Quand on se prive de toutes les sorties pour ne pas prendre de risque et protéger sa famille, on finit par avoir besoin vraiment de quitter sa chambre et de faire plus que le mètre qui sépare le lit du bureau”. L’étudiante se réjouit donc de retourner à l’université la semaine prochaine, même si c’est seulement pour 2 heures, et même si elle va devoir jongler avec des cours en présentiel encadrés par deux séances de cours en visio.

Mais cette joie pourrait être de courte durée, si jamais il fallait à nouveau refermer les salles de classe... Virginie Dupont se veut très optimiste : “Si le gouvernement nous a laissé réouvrir, alors qu’il connaît la situation épidémique, ça n’est pas pour nous dire dans 2 semaines que tous les étudiants doivent rentrer chez eux. Nous avons tous l’espoir que dans un mois la situation sanitaire sera plus favorable, et que s’il faut reconfiner, on reconfinera tout le monde, mais pas les étudiants”.

Le chiffre : 60%


La conférence des Présidents d'Universités (CPU) estime au 12 février que 60 % des étudiants auront été accueillis au moins une fois dans la semaine qui vient de s’écouler, et ce à tous les niveaux d’enseignement. Encore selon la CPU, la reprise en présentiel à la fac atteindra son rythme de croisière à l’issue des vacances de février.

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