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Universités : faute de places, les étudiants ne parviennent pas à s'inscrire

En cette rentrée, les facs accueillent 30 000 étudiants en plus. Faute de place, certains restent sur le carreau, comme Thomas, à Saint-Denis.

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Je suis venu tous les jours… il n’y a rien à faire », expliquait Thomas vendredi, devant le bureaude la commission dérogation de l’université Paris-VIII- Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

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Il a voulu y croire jusqu’au bout. Mais après un énième aller-retour au secrétariat, Thomas, 22 ans, souffle bruyamment. « C’est mort, foutu. Je ne peux pas m’inscrire », déplore celui qui, de fait, n’a pas participé lundi à la prérentrée des étudiants de la filière administration économique et sociale (AES).

Comme lui, ils étaient plusieurs dizaines vendredi à faire la queue devant le bureau de la commission dérogation de l’université Paris-VIII-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), dans l’espoir d’y obtenir un petit siège parmi les 22 000 étudiants du campus.

Il y a de plus en plus de demande...


« Saint-Denis, comme Nanterre ou Paris-XIII ne sont que des exemples parmi d’autres des difficultés que rencontrent les étudiants à s’inscrire. Il y a de plus en plus de demandes, mais les universités n’ont pas les moyens d’y répondre. Résultat : certains restent sur le carreau », s’agace-t-on au siège du syndicat étudiant Unef.

Le manque de place, c’est ce que l’administration a rétorqué à Thomas pour justifier son refus de l’inscrire en troisième année de licence AES. Le jeune Parisien le concède : il n’a pas fait sa demande dans les délais. « J’avais fait appel de la décision de l’école de commerce de Strasbourg dans laquelle j’étais de ne pas valider mon année. J’attendais sa décision avant de me tourner vers la fac. Avec 9,6 de moyenne, deux ans de prépa et 7 500 € payés grâce à un prêt étudiant, je ne pensais pas qu’ils me fermeraient la porte fin août. Et maintenant, c’est au tour de l’université. Je suis venu tous les jours… il n’y a rien à faire », explique-t-il.

Les dossiers en attente s’empilent


Sariatha, 19 ans, jauge la longueur de la file d’attente. Après Nanterre, Paris-Diderot, Villetaneuse, Sorbonne-Nouvelle, Saint-Denis est la cinquième fac où elle essaie de se frayer un chemin. « Je n’en suis plus au point d’avoir des exigences, Je veux juste étudier. J’irai dans n’importe quelle filière », tranche celle qui est arrivée de sa Martinique natale le 25 août. « On va t’aider ! » rassure Téo Faure, le responsable de l’Unef locale. Au sol,classés par niveau et filière, des tas de dossiers estampillés « problème d’inscription » s’empilent. « Ça n’arrête pas. Certaines filières très demandées comme infocom, économie, mathématiques sont en tension à cause de problèmes d’espace, de matériel ou de sélection. C’est une situation étrange quand on sait que François Hollande voulait faire de la jeunesse sa priorité », lance l’étudiant en L2 cinéma, conscient que si certains trouveront une place dans les prochaines semaines, 100 % des cas ne seront pas réglés. « Pour les autres, les conséquences seront visibles rapidement. Il y aura des amphis bondés, avec des étudiants parfois obligés de rester debout ou de s’asseoir par terre. Le risque étant qu’ils décrochent », décrypte-t-il.

« Même si nous ne pouvons pas accueillir tout le monde, nous mettons tout en œuvre pour ne laisser personne sans solution, assure-t-on du côté de l’université. La commission dérogation est là pour cela. Nous avons aussi une application Assistance éducation. »

Thomas, lui, repart avec son dossier sous le bras. « Je vais essayer d’autres facs, mais pas cet après-midi. Je dois aller à mon job de serveur pour rembourser mon prêt étudiant. »

« Des changements durables sont nécessaires »


Thierry Mandon, secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur

Cette année, les étudiants seront au moins 45 000 de plus que l’an passé, dont 30 000 à 33 000 (environ + 2 %) rien que dans les facs françaises, soit l’équivalent d’un campus comme celui de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise).

« Nous progressons d’année en année y compris dans les filières dites en tension (NDLR : psycho, droit, Staps…). Le nombre de sans-place diminue considérablement. La plupart des jeunes auront trouvé une place dans les jours ou semaines à venir », assure Thierry Mandon. Le secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur se veut rassurant, tandis que les syndicats étudiants s’alarment des délais et pointent que prendre du retard dès la rentrée n’est pas un bon signal envoyé. « L’université est victime de son succès, et c’est tant mieux, reprend Thierry Mandon. Cela veut dire que nous avons de plus en plus de jeunes, de cultures et de milieux sociaux différents, qui veulent poursuivre leurs études. Mais cela signifie aussi que des changements durables sont nécessaires. » Le ministre dresse la liste des priorités, après la décision intervenue cet été d’allouer 850 M€ supplémentaires au budget 2017.

Promotion du numérique
« Ces moyens doivent être pérennisés pour au moins trois ans », explique-t-il, tout en assurant qu’il travaille à la modernisation des « façons d’apprendre », pour en finir avec les amphithéâtres bondés, en promouvant notamment le numérique qui permet d’apprendre en partie à distance.

« Cela passe aussi par une refonte de l’immobilier pour accueillir plus d’étudiants et dans de meilleures conditions. » Enfin, « il faut renforcer les efforts sur l’orientation » pour éviter les inscriptions de dernière minute faute d’obtenir la formation de ses rêves.


Florence Méréo

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