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VIDEO. En médecine, ils apprennent en jouant la comédie

Formation. Futurs neurologues ou généralistes, des étudiants s’entraînent à reconnaître des syndromes neurologiques en incarnant la maladie.

Formation. Futurs neurologues ou généralistes, des étudiants s’entraînent à reconnaître des syndromes neurologiques en incarnant la maladie. Nous avons suivi ces exercices de « médecine réalité » inédits.

La femme titube, s’accroche aux personnes à proximité pour éviter de tomber. Elle a aussi des nausées. Pour le commun des mortels, il s’agit d’une femme qui a trop bu. Pour ces étudiants en troisième année de médecine, c’est la manifestation clinique d’un syndrome neurologique, le syndrome vestibulaire, que l’on retrouve notamment chez des patients qui souffrent d’une sclérose en plaques. Cette scène se déroulait mercredi dans l’amphithéâtre Charcot à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris XIII e) à l’occasion d’un examen final plutôt cocasse, tranchant avec l’austérité de ce haut lieu de la neurologie.

Comédiens d’un jour


Des étudiants de la faculté de médecine Pierre-et-Marie-Curie se sont en effet transformés en patient, et donc en comédien d’un jour, pour mimer des symptômes de maladies touchant le cerveau, comme Parkinson ou Alzheimer. Plusieurs équipes de ces apprentis médecins ont ainsi défilé devant un jury de chefs de clinique qui avait préalablement tiré au sort un trouble neurologique à incarner. Leur mission ? Désigner la meilleure prestation. Ça vous rappelle une téléréalité ? C’est normal, l’exercice est calqué sur le principe de ces émissions. Sauf que cette « médecine réalité » ne s’appelle pas « The Voice » mais « The Move », une méthode d’apprentissage inédite de la neurologie.

Après deux années « pilotes », ce concept innovant et les résultats prometteurs de sa mise en application viennent d’être publiés dans la « Revue neurologique ». Toute l’année, les étudiants se sont entraînés pour ce grand jour de finale. L’enseignement n’était pourtant pas obligatoire mais il a fait le plein à chaque séance. Dans l’amphi, 150 d’entre eux sont venus concourir (un tee-shirt à gagner quand même…) ou soutenir leur équipe lors de cet événement qui mettait un terme au projet pour cette année. Le tirage au sort a parlé : ce sera la crise d’épilepsie pour cette autre équipe.

Vidéo. Les étudiants en médecine apprennent la neurologie par le mime




Un grand nombre d’étudiants ont la trouille devant eux


Ni une ni deux, le scénario se met en place et l’un des étudiants s’écroule et convulse. Son camarade se met à hurler, provoquant l’hilarité générale : « Y a-t-il un exorciste dans la salle ? Il frétille comme un poisson. Oh non ! Il vient de bouffer sa langue ! » Derrière la blague, un enjeu. Celui du vieillissement de la population et de l’augmentation prévue du nombre de personnes atteintes de maladies neurologiques. « Dans quelques années, les neurologues ne pourront pas s’occuper de tous les malades, en tout cas pas aussi régulièrement », annonce le professeur Emmanuel Flamand-Roze, professeur à la faculté de médecine Pierre-et-Marie-Curie, neurologue à la Pitié-Salpêtrière, et l’homme à l’origine du concept « The Move ». « D’autres médecins, comme les généralistes, devront aussi accompagner ces patients, repérer les signes, être à l’aise avec eux. »

En effet, parmi ces jeunes apprentis médecins, beaucoup choisiront une autre voie que celle de la neurologie. Et être à l’aise avec ce type de malade est loin d’être une évidence. Ça tombe bien. « The Move » n’est pas seulement une aide au diagnostic, c’est aussi un dispositif pour « apprendre le savoir-être » avec ces patients.

« Un grand nombre d’étudiants ont la trouille devant eux, reconnaît le médecin. Cette neurophobie existe d’ailleurs partout dans le monde. Les étudiants en médecine considèrent que l’examen neurologique est compliqué à mener et que les maladies neurologiques sont les plus difficiles à appréhender. » Que pensent les étudiants de l’initiative ? « Ça nous aide à être plus systématique, à ne pas oublier des points lors de l’examen clinique, explique Manon, membre de l’équipe gagnante et qui se destine justement à la neurologie. Toutefois, nous ne sommes pas mis en situation. Lorsqu’on sera devant de vrais patients et leur propre façon d’agir, on verra… »

Étudiants en médecine - Eux aussi utilisent la scène...


Comment dire le pire à un malade ? Les étudiants en 4 e année de médecine à Montpellier et à Nîmes utilisent aussi la scène en bénéficiant, depuis 2014, de cours de théâtre obligatoires pour les préparer aux annonces difficiles.

La scène est ainsi un outil pour trouver les mots justes, l’équilibre entre une empathie indispensable et la distance clinique nécessaire. Cet atelier est le fruit d’un partenariat entre la faculté de médecine de Montpellier-Nîmes et l’école supérieure d’art dramatique Louis-Jouvet. Pour donner la réplique aux futurs médecins, des comédiens jouent les patients et toute la palette d’émotions auxquelles ils devront faire face : déni, tristesse, colère
.

Christine Mateus

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LE PARISIEN
30.05.2016

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